Actinolite : de l’amiante dans nos routes ?

De nombreux chantiers de voirie ont été stoppés dans l'agglomération bordelaise en raison de la découverte d'une forme d’amiante naturel dans certains enrobés routiers.

Face à la complexité de cette problématique, et dans l’attente des avis de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et des différents Ministères concernés, la CARSAT Aquitaine a organisé le 13 janvier 2015 un point d’actualité prévention sur "La présence d’actinolite dans les enrobés routiers".

La CRAMIF ayant déjà travaillé sur ce sujet, Hervé Clermont, Correspondant national Amiante de notre Réseau prévention (CARSAT - INRS - CRAMIF), est intervenu devant une assemblée d’environ 70 personnes, composée de maîtres d’ouvrages, concessionnaires de réseaux enterrés, et des principales entreprises routières de la région, en présence des partenaires institutionnels. 

  • François Dubernet, contrôleur prévention Carsat Aquitaine et Hervé Clermont, correspondant national amiante CRAMIF
    François Dubernet, contrôleur prévention Carsat Aquitaine et Hervé Clermont, correspondant national amiante CRAMIF
  • Public présent lors de la réunion le 13 janvier.
    Public présent lors de la réunion le 13 janvier.

Présente dans certains granulats extraits des carrières, l’actinolite a été détectée dans les enrobés sur plusieurs chantiers aux alentours de Bordeaux. D’autres régions sont aussi concernées. Par mesure de précaution - car à ce jour on ignore précisément les risques sanitaires liés à l'actinolite sous toutes ses formes - ces chantiers ont été momentanément suspendus, afin d’intégrer cette problématique dans le déroulement des travaux.

L’actinolite peut se présenter principalement sous 2 formes à l’état naturel, selon leur formation géologique :

  • l’actinolite asbestiforme qui produit des fibres classées cancérogènes ;
  • l’actinolite non-asbestiforme qui produit sous l’effet mécanique des outils utilisés dans les Travaux Publics, des fragments de clivage.

C’est sur ces derniers que l’ANSES est saisie par les Ministères concernés, pour déterminer les effets de l’inhalation de ces fragments sur la santé des travailleurs et préconiser des méthodes de détection.
Dans l’état actuel des techniques d’analyses, la distinction entre les fibres et les fragments de clivage par les laboratoires n’est pas aisée. Il faudra donc déterminer un protocole pour l’échantillonnage, le prélèvement, l’analyse et l’identification de ces matériaux.

Les présentations ont provoqué de nombreuses questions qui devraient trouver réponse dans les rapports de l’ANSES attendus fin 2015.

Les donneurs d’ordres et les entreprises doivent appliquer les dispositions réglementaires en vigueur sur l’amiante pour intervenir ou retirer des enrobés routiers contenant des fibres d’amiante (chrysotile, actinolite asbestiforme...).

Par principe de précaution, les salariés susceptibles d’inhaler des fragments de clivage issus de la présence d’actinolite non asbestiforme dans les enrobés routiers, doivent bénéficier de mesures de prévention appropriées.

Pour cela, dans le cadre de l’évaluation des risques, le donneur d’ordres et l’employeur doivent respecter les Principes Généraux de Prévention :

  • Mettre en œuvre les moyens de prévention collective et individuelle permettant d’abaisser les niveaux d’empoussièrement au plus bas techniquement possible, notamment par des procédés d’humidification, et/ou de captage des poussières à la source.
  • Planifier la prévention collective et individuelle, notamment par la pressurisation des cabines des engins, le port d’Equipement de Protection Individuelle et la décontamination des travailleurs.
  • Former les intervenants à la mise en œuvre des mesures mentionnées ci-dessus.

Comme le prévoit la note DGT 14 906 du 12 décembre 2014, il est intéressant de s’appuyer sur les dispositions du guide INRS ED6142 relatif aux travaux sur terrains amiantifères

Vous trouverez ci-dessous les diaporamas présentés lors de la réunion : 


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